Baguage

Le baguage est une technique utilisée en ornithologie (ou parfois dans d'autres domaines de l'écologie, avec d'autres espèces animales) permettant de :
- suivre les oiseaux sauvages, ce marquage (qui est bien souvent une bague) se pratique en vue d'étudier plusieurs aspects de leur vie en milieu naturel, comme les déplacements migratoires.
- identifier les oiseaux domestiques, avec l'aide d'une bague indiquant le nom de l'éleveur et l'année de naissance de l'oiseau. Cette mesure vise notamment à empêcher le trafic d'oiseaux sauvages et à suivre les pigeons de concours.
Ces systèmes sont internationaux, car les régions parcourues par les oiseaux peuvent être très éloignées, spécialement lors de leur migration.
Baguage des oiseaux sauvages
[modifier | modifier le code]Histoire
[modifier | modifier le code]Début du baguage scientifique
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La première campagne de baguage a été réalisée par Hans Christian Cornelius Mortensen en 1899[1]. Il bague alors un peu plus d'une centaine d'étourneaux sansonnet.
En 1903, le baguage est utilisée pour l'étude de la migration des oiseaux, par l'ornithologue prussien Johannes Thienemann qui a installé la première station d’observation ornithologique au monde à Rossitten[2].
La méthode s'est ensuite diffusée aux États-Unis et à l'Allemagne. Le baguage est utilisé pour la première fois en Grande Bretagne en 1909[3] et en France en 1923[1].
Historiquement, le baguage a été utilisé pour l'étude des chiroptères, à partir de 1936 en France. En 1970, la Seconde conférence sur la recherche chiroptérologique recommande de ne pas utiliser cette méthode dont l'usage cesse officiellement en 1976 en France[4].
À partir de 1972, des colliers sont utilisés pour le marquage des oies et des canards, puis des marquages alaires pour les gros oiseaux à partir du milieu des années 1980[3].
Informatisation et internationalisation
[modifier | modifier le code]L'accroissement du nombre d'oiseaux bagués a entrainé une augmentation de la quantité de données rendant nécessaire le recours à l'informatique pour faciliter leur traitement et consultation. Toutes les nouvelles données collectées en France sont systématiquement numérisées, depuis 2000[5].
Les oiseaux ne connaissant pas de frontière, pour un suivi efficace, des programmes internationaux ont été mis en place, comme c'est le cas en Europe avec European Union for Bird Ringing (Euring)[6], qui centralise les données de tous les pays de l'Union européenne ainsi que plusieurs pays frontaliers comme l'Islande, la Turquie ou encore l'Ukraine[7].
Méthodologie
[modifier | modifier le code]Dans un premier temps, le spécimen doit être capturer soit à l'aide d'un filet, soit au nid (uniquement pour les oiseaux). Une bague métallique ou plastique est ensuite posée à l'aide d'une pince. Puis des données biométriques (masse, longueurs de l'aile et du bec, adiposité, etc.) peuvent être recueillies, elle doivent permettre de renseigner sur l'espèce, l'âge et l'état de santé des individus. Enfin les animaux sont relâchés.
- Étapes du baguage des oiseaux
- Préparation d'un filet de capture, en 1959 en Angleterre.
- L'oiseau à baguer est capturé au filet.
- Il est ensuite bagué et ainsi identifié.
- Des mesures sont réalisées.
- Finalement, l'oiseau est relâché.
Chaque bague posée sur un oiseau est unique grâce à un code alphanumérique ou des combinaisons de couleurs. Ces identifiants sont couplés avec un fichier contenant diverses informations sur cet oiseau (nom de l'espèce, sexe ou encore âge) ainsi que la date et le lieu du baguage. Si les premiers marquages utilisaient de simples bagues métalliques, il existe également des colliers et des marques nasales, pour les Anatidae, ou des marques alaires pour les grands échassiers, oiseaux marins[8] et rapaces.
- bagues plastique colorées, utilisées par le Museum national d'Histoire naturelle français.
- Bagues métalliques du Museum d'Athène.
La reprise se fait soit comme la capture par filet ou pour les espèces chassables lorsque les individus sont tués à la chasse. Popinet estimait en 1997, que le taux de recapture avoisinait les 0.3 à 1% pour les passereaux, de 7 à 16% pour les hérons, foulques, bécasses ou chouettes et de 23 à 32% dans le cas des oies et canards[3]. La Ligue royale belge pour la protection des oiseaux donne un taux de reprise de 0.1 % pour les petits oiseaux insectivores, migrateurs, comme les hirondelles ou les fauvettes et 10-15% pour les mouettes ou les sternes par exemple, qui vivent en colonie[9].
Utilisation dans les études scientifiques
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Les données collectées durant le baguage d'un nouveau spécimen, ainsi que lors de la recapture d'un individus déjà bagué, permettent de déduire des informations sur les individus ainsi que sur les populations des spécimens capturés (grâce à des études de type Capture-marquage-recapture).
Le baguage pour des coûts plus réduits que ceux du radiotracking ou du suivi satellitaire, apporte des données précieuses, sur les oiseaux vivants, mais aussi sur les causes de leur mort.
- Ainsi parmi environ 5 000 buses de Swainson trouvées mortes en 1997 et 1998 aux sites du perché (Sud de l'Argentine), neuf portaient des bagues posées dans l'ouest du Canada. Ces bagues ont permis d'expliquer pourquoi les buses nicheuses au Canada (Alberta, Saskatchewan) régressaient si rapidement[10].
- le baguage a également montré que des populations importantes de plusieurs espèces d'anatidés ou autres oiseaux susceptibles de transporter le virus H5N1 de la grippe aviaire, après avoir été éventuellement infectés par des élevages de volailles pouvaient migrer d'est en ouest, et pas seulement du nord vers le sud et inversement comme on le pensait souvent. Ces mêmes données montrent que des oiseaux venant de zones très contaminées par les retombées de la catastrophe de Tchernobyl peuvent migrer vers l'Europe de l'Ouest et non seulement vers le sud via la Méditerranée)
Baguages des oiseaux domestiques
[modifier | modifier le code]Généralement, cette technique se pratique avec des bagues fermées qui ne peuvent se poser que sur de jeunes oiseaux à des âges précis, variables selon les espèces.
L'objet principal de ce baguage est l'identification des oiseaux, en particulier pour en certifier qu'un oiseau provient bien d'un élevage et pas du trafic dans le cas d'oiseaux menacés[11]. Il permet également de retrouver le propriétaire légitime d'un oiseau en cas de perte[12].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 Pascal Nguyên, Pierre-Yves Henry, « À quoi sert le baguage des oiseaux ? », sur Museum d'histoire naturelle de Paris, (consulté le )
- ↑ Cédric Audibert, « Histoires de collections : 1. La « mouette de Rossiten » », Colligo, no 1, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 Jacques Popinet, « Les migrations des oiseaux », Publications de la Société Linnéenne de Lyon, nos 66-1, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Julie Marmet, Jean-François Julien, Roxane Druesne, Julien Birard, Grégoire Lois, Nicolas Galand, Vincent Pellissier et Christian Kerbiriou, « Dépoussiérage des anciens registres de baguage : le cas de l‘Île-de-France », Symbiose, no 32, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Suivi d'oiseaux sauvages par marquage en France - CRBPO - Base de données de baguage et déplacements d'oiseaux de France » (consulté le )
- ↑ (en) « European Union for Bird Ringing », European Union for Bird Ringing, (consulté le )
- ↑ (en) « Bird Ringing for Science and Conservation », European Union for Bird Ringing, (consulté le )
- ↑ par exemple, avec des frégates en Guadeloupe
- ↑ « Le baguage, une histoire de transmission », sur LRBPO (consulté le )
- ↑ Site concernant le suivi des populations d'animaux sauvages (Environnement Canada)
- ↑ « Les bagues FFO », sur Fédération française d'ornithologie, (consulté le )
- ↑ « Le baguage : comment faire et pourquoi est-ce si important? », sur (blog) (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Dawn Balmer, Liz Coiffait, Jacquie Clark et Rob Robinson, Bird Ringing: A Concise Guide, British Trust for Ornithology, (ISBN 9781906204457)
- (en) Przemysław Busse et Włodzimierz Meissner, Bird Ringing Station Manual, De Gruyter, (ISBN 978-83-7656-052-6)
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (fr) But du baguage
- Pour le Canada